Un réquisitoire trės documenté de Robert Kennedy Jr, fils de Robert Kennedy assassiné en 1968. Il explique en détail l’impact de la politique extérieure américaine au Moyen-Orient depuis la fin de la seconde guerre mondiale (guidée par des intérêts économiques et focalisée sur la lutte contre le communisme) dans l’émergence de la crise générale de cette région, dans la propagation de l’islam fondamentaliste et dans le terrorisme qui l’accompagne. Évidemment tous les hommes et femmes politiques (Hillary a voté pour l’intervention en Irak en 2003) oublient de raconter ce côté de l’histoire et le peuple l’ignore. Il est plus facile de tout mettre sur le dos de la religion alors qu’elle est surtout un instrument. Le pire c’est que le cercle vicieux continue … On peut se demander si les décisions actuelles de nos dirigeants occidentaux ne contribuent pas une fois de plus à jeter de l’huile sur le feu plutôt qu’à l’éteindre… Est-ce aveuglement, incompétence et incapacité à se remettre en cause pour enfin réfléchir à des solutions à long terme ou bien est-ce volontaire ?
“En réfléchissant à l’histoire, il est stupéfiant de constater l’étonnante cohérence avec laquelle pratiquement chaque intervention brutale de notre pays au Moyen-Orient depuis la Seconde Guerre mondiale a abouti à un lamentable échec et à des répercussions terriblement coûteuses. Un rapport de ministère de la Défense américain de 1997 a constaté que « les données montrent une forte corrélation entre l’engagement américain à l’étranger et une augmentation des attaques terroristes contre les États-Unis. »
Soyons réalistes, ce que nous appelons « la guerre contre le terrorisme » est en fait tout simplement une nouvelle guerre pétrolière. Nous avons gaspillé 6 000 milliards de dollars pour mener trois guerres à l’étranger et instaurer un état de sûreté nationale guerrière chez nous, depuis que le pétrolier Dick Cheney a déclaré « la longue guerre » en 2001.
Les seuls gagnants ont été les fournisseurs des armées et les compagnies pétrolières qui ont empoché des profits historiques, les services de renseignements dont le pouvoir et l’influence ont grandi exponentiellement au détriment de nos libertés et les djihadistes qui ont invariablement utilisé nos interventions comme leur outil de recrutement le plus efficace.
Nous avons mis en péril nos valeurs, massacré notre propre jeunesse, tué des centaines de milliers de personnes innocentes, mis à mal notre idéalisme et gaspillé nos trésors nationaux dans des aventures à l’étranger stériles et coûteuses. Dans ce processus, nous avons aidé nos pires ennemis et fait de l’Amérique, autrefois le phare mondial de la liberté, un État de surveillance policier et un paria moral aux yeux du monde.”
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