De la desperate housewife et de Facebook. (1/3)

De la desperate housewife et de Facebook. 02/02/2016 (1/3)

Desperate Bovary : « Narcissique moi ? non, mais malheureuse oui ! »

I’ve got the blues. Objectivement il n’y a pas de raison. Je suis du bon côté de la force : Dieu a traversé l’Atlantique avec les Pilgrim Fathers. What else ? Depuis il se repose en Iowa. Mes copines françaises – qui sont en train de réussir brillamment leur vie professionnelle – entament leur première réunion de l’après-midi. Le sujet est grave, le ciel dehors gris, lourd et bas. Quand on s’emmerde trop un p’tit sms ou une p’tite visite sur la Toile. Pendant ce temps-là, je « droppe » mon carpooling à l’école : « thank you for the ride ». Ouf, je vais pouvoir aller faire mon taï chi et accueillir le soleil du matin qui se reflète dans une mer d’huile. Des mouettes crient dans un ciel d’azur, comme hier et comme demain. Des voisines sortent leurs chiens et leurs bébés. Tout ce petit monde gazouille gaiement. Vous croiser est visiblement pour elle une joie indicible : « Hiiii how are youuu todayyy???? ». Devant leur sourire béat d’une blancheur éclatante, je ne peux décemment pas répondre « not so well and you ? ». Then why the blues ?
Ayant oublié mes lunettes de soleil, je rentre me protéger derrière mon écran d’ordinateur. Je ne vais quand même pas perdre mon temps avec les mouettes américaines alors que le monde est là, à portée de clic. Des études universitaires le résument ainsi : « One drawback of this increased Social Networks Sites use is that individuals may isolate themselves, choosing to talk and form relationaships primarily online rather than developing meaningful face-to-face relationships » (Etude de L’university of North Florida du 10/02/14). Les histoires françaises sont tellement plus « meaningful » vues de ce côté !
Facebook c’est de la drogue dure. Ca faisait longtemps que je m’étais inscrite et que mon compte prenait la poussière et les toiles d’araignée…. Au début j’avais même laissé le dessin de tintin comme photo de profil. Et puis je répondais aux posts qu’on me faisait des semaines après… comme au temps des diligences. Mais voilà, en quittant la vieille Europe pour le Brave New World je me suis dit que ça serait sympa de poster quelques trucs pour la famille et les amis proches (j’avais oublié que sur Facebook t’as pas que des amis proches). Maintenant, moi qui étais si pudique et si introvertie, je raconte ma vie intime à la terre entière qui n’en a rien à foutre. Je participe au papotage universel. Le matin je me réveille, et hop je me jette sur mon téléphone portable. Mon humeur de la journée dépend très directement du nombre de « notifications ». Comme en moyenne j’en ai 2 maximum et encore les bons jours, ça me déprime et du coup j’y retourne prise d’une sorte d’obsessive compulsive disorder. Les réseaux sociaux c’est un peu comme McDo : y a des fois tu meurs d’envie d’y aller, puis quand tu as englouti ton hamburger, t’es écœurée pour plusieurs mois. Le problème avec Facebook c’est la durée de l’écoeurement. Je me déconnecte, je me jure « plus jamais » et j’y retourne au bout de 10 minutes.
Pourquoi moi, si intelligente, suis-je devenue complètement addict ? Est-ce génétique, contagieux ? Comment s’en sortir ? Je suis donc retournée sur internet pour trouver la réponse… et j’ai découvert que c’est une épidémie mondiale, une sorte de peste : « ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». Les études sur Internet pullulent : liberté, désinformation, transparence, théories du complot, confidentialité des données, … tout y passe. Et puis je suis tombée sur un article qui m’a illuminée : « Feeling sad ? Quitting Facebook could turn your frown upside down, study says ». Le diagnostic fait, il me restait à comprendre pourquoi et comment… Suite au prochain épisode…

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